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05/01/2009

Corps au repos

J'hiberne la maladie, je l'enferme bien au chaud, la laisse s'endormir. Dors, dors. Elle veille mais jamais ne s'en va, et parfois se rappelle brusquement à moi, ou doucement. Des à-coups. Des sursauts. Elle est là mais seul mon corps le sait, jamais elle ne se manifeste aux autres. Chuuut...

Je travaille, cela fait un mois. J'organise mes journées : le travail, je rentre, je dors, je mange, je fais un peu de rangement, je me repose, je dors, je me lève. Outre la pierre de Sisyphe, il y a l'épée de Damoclès. Elle plâne au-dessus de ma tête, "attention, je suis là, toujours là". Alors, je néglige mon ménage, je squatte mon divan, trop, encore trop. Je suis une loque qui me traîne à la maison.


Je déteste mon inertie. Ce manque d'énergie.

Je fais bien mon travail, mais je ne suis pas dynamique. Je ne me bats pas pour faire plus vite ou faire mieux : je le fais bien. C'est tout. Mais je ne passe pas la barre au-dessus. Elle est trop loin... Quand j'ai quitté mon précédent emploi, j'ai annoncé à une collègue en qui j'avais confiance que j'avais la sclérose en plaques. Elle était hébétée, mais m'a dit avoir remarqué que je n'aimais pas la pression. Je la laissais couler sur moi et je ne la saisissais pas pour la dominer.


Je peux donner le change, je sais cependant que je ne serai jamais une business woman, quelqu'un "qui en veut". J'en ai rêvé pourtant.


Mes orteils recommencent à m'ennuyer. Est-ce la fatigue dûe à mon nouvel emploi (changements de rythmes, stress de la nouveauté...)? Ou ma sep évolue encore? Est-ce signe d'une éventuelle poussée qui va s'annoncer?

Le soir, ils s'agitent, m'empêchant de dormir. Mon neurologue m'a prescrit un médicament. Des gouttes destinées aux bébés épileptiques. Il détourne, lui aussi. Alors, je pars dans des chemins oniriques insensés. Et je dors. Comme un bébé. Je dors d'un sommeil lourd avec cette impression de ne pas avoir fermé l'oeil de la nuit.


Au travail, je simule. Je m'applique. Face à des cas difficiles - je travaille dans le social - je me retiens de donner mon avis personnel. Si l'on me parle de sclérose en plaques, je sursaute. A peine perceptible. Personne ne doit savoir. Alors je donne le change.Et je continue... Jusque quand?

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