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13/11/2008

Repousser les limites

Mon neurologue me dit de faire du sport. Je lis un article sur un homme atteint de sclérose en plaques qui a fait Saint-Jacques de Compostelle. Je vais à la salle. Je n'ai jamais été sportive. Etait-ce un tort? Après, je pense à mon mode de vie : ai-je une bonne alimentation? Quelle est ma part de responsabilité dans ce qui m'arrive?

Je crois en la fatalité un jour, au libre choix le lendemain.

J'avance.

J'essaie d'avoir une emprise sur ce corps qui me fait défaut. Dormir, bien manger. Un peu de fitness. Je tente de me réapproprier la maladie. Vivre aussi. Je ne veux pas - plus - être omnibulée par ça : il faut manger du poisson gras deux fois par semaine pour les omégas 6, éviter le café, ça rend nerveux, attention aux graisses trans, j'ai vu un reportage à la tv, je ne voudrais pas non plus avoir un cancert, attention, prudence, surveiller, vérifier... Non! J'arrête! Je vis "normalement", sans doute la plus belle bagarre contre elle. Maladie, elle est devenue une personne, mon démon à moi!

Je suis sans doute un pau fainéante, je ne me bats pas comme d'autres le font, véritables guerriers jusqu'en-boutistes.

Mon compagnon fait des courses à pieds d'endurance, distances hallucinantes, parcours cahotiques. Il va au bout de lui-même à chaque fois, et termine au mental, il n'a plus que ça. Je suis admirative.  Je le laisse courir. Je laisse courir.

Même mes proches ne peuvent pas toujours comprendre : je suis assise dans le fauteuil, il faudrait bouger. Mais une chape me pèse, une tonne de fatigue. Lassitude. Alors, aller travailler, rentrer chez soi, préparer le souper, manger, dormir. Mon combat, ma pierre qui roule.

Il faut m'imaginer heureuse!